Panorama sur l’existence numérique – Partie 3

Cet article est la troisième et dernière partie de mon panorama sur l’existence numérique.

  • Les enjeux de l’identification:

Vient alors la véracité du contenu et de son origine, de cette existence qui repose peut être sur des octets mais bien avec des individus faits de chair et d’os aux commandes, et vis versa. L’existence numérique ne reposerait alors que sur des fantasmes ? Non ! Bien entendu, ce paradigme est peut-être envisageable dans les mondes virtuels persistants, mais l’existence numérique ne se limite pas à ses plateformes. Elles sont mêmes minoritaires dans la vie numérique de l’individu. Les outils d’échanges communautaires tels les blogs, les forums, les plateformes d’hébergement de vidéos (DailyMotion, Youtube…), sont des éléments bien plus présents dans notre vie numérique. Nous en sommes mêmes venus à en être dépendants pour beaucoup d’entre nous. La liberté de ton et d’expression pousse les gens à s’affirmer via ces outils. Preuve en est, la récupération de ces plateformes par les politiques, pour promouvoir leurs idées. La campagne des présidentielles de 2007 est un parangon en la matière. Le Net est devenu un moyen d’affirmer ses opinions plus facilement que dans la vie réelle, car étant camouflé derrière un relatif voire total anonymat. Ceci me pousse donc à évoquer plus en détails les enjeux de l’identité numérique car il faut dire que la problématique est protéiforme. En regard de ce que j’ai explicité plus haut, on comprend que l’anonymat de l’individu derrière un avatar ou un pseudonyme, n’est pas sans conséquence sur l’identité numérique. En effet, même s’il n’est pas forcément évident de remonter vers l’utilisateur et faire la jonction avec le monde organique, un pseudonyme sur le Web est en lui-même un critère de l’identité numérique. Il bénéficie d’une existence propre, parallèle à l’existence réelle. Il bénéficie également d’un cercle de relations sociales numériques, d’une réputation et tout ce qui peut constituer une existence relationnelle. Par conséquent, l’enjeu est de prouver lors d’une intervention, qu’il s’agit avec certitude de la bonne identité, dénuée de toute usurpation. Cette problématique est encore beaucoup plus importante lorsqu’un individu signe de son propre nom sur le Web. Il est forcément facile d’utiliser le référent nominatif d’un individu pour signer une intervention. La diffamation peut donc devenir monnaie courante. Nous en voyons déjà les conséquences. Même si une relative discipline règne sur des débats ou enjeux limités, dès que l’on touche à l’émotionnel, comme la politique ou un débat de fond, cela dérape. Cet enjeu a été saisi par des prestataires qui proposent maintenant des applications permettant de valider l’identité de l’intervenant par un système d’identification homologué, comme l’est OpenID. Mais malgré le succès à venir de cette méthode, il est clair que nous n’en sommes qu’au début et ce système va devoir faire ses preuves. Il est pour le moment assez expérimental, et son adoption bien qu’en route pour etre généralisée à la lueur de l’actualité récente à ce sujet, nous devrons clairement rester vigilant, car il s’agit bien d’un enjeux des plus vital, tant l’existence numérique est en passe de devenir un véritable pilier de la vie de chaque individu.

  • Et le client dans tout ça ?

Toutes ces problématiques ont clairement un impact fort sur la façon de faire du business, surtout en ligne. Avec tous ces outils que l’on met à sa disposition, il est clair que le client sera de plus en plus en demande de reconnaissance, d’outils de communication communautaires, d’expression, liés à son acte d’achat. Le social shopping fait de plus en plus parler de lui et il sera de plus en plus nécessaire d’en tenir compte. Aujourd’hui, on achète de plus en plus pour s’identifier à sa communauté d’appartenance, parfois numérique. L’achat tribal, extrêmement répandu chez les ados est démesurément renforcé par ces plateformes sociales qui permettent de partager ses achats, convaincre les amis, etc. Ces nouvelles façons d’acheter, vont très certainement imposer une exigence de transparence renforcées chez les (e-) commerçants, car l’information voyagera de plus en plus vite, qu’elle soit positive ou néfaste. Ce sujet fera l’objet également d’un article complet.

  • Que nous réserve l’avenir ?

Mais que nous réserve l’avenir ? Bien présomptueux serait l’individu qui prédirait avec certitude l’avenir de l’existence numérique tant cette notion est fluctuante et protéiforme. Mais l’on peut toutefois faire quelques projections…Ne pourrait-on pas imaginer qu’un univers persistant (Second Life ?) prenne le quasi monopole de ces mondes ? Allez, débridons notre imagination : il pourrait être envisageable que le e-commerce se déporte sur ces milieux et que nous fassions nos courses dans des boutiques virtuelles avec notre avatar ? Nos e-shop faites de codes et d’images pourraient se transformer en boutiques 3D ! Cela relève bien entendu de la prospective mais dans le domaine du possible techniquement. L’on pourrait parler également de l’audit de ce qu’on appelle les « signaux faibles » qui se développent à grande vitesse grâce à toutes les applications estampillées « Web 2.0 » pour ainsi recueillir des informations précieuses sur l’état de ce qui se dit, se fait, se pense et ainsi prévoir les évolutions, tendances…. En revanche, ce qui est certain, c’est que l’identité numérique va progressivement prendre de l’ampleur au détriment de l’identité organique. Qui sait ? Notre existence numérique prendra peut être le pas sur notre existence réelle. L’existence numérique parallèle que se sont montés certains individus est parfois plus socialisante que leur vie organique. Leur réputation, statut, etc. est parfois bien plus important dans le monde virtuel. On constate déjà une addiction presque maladive chez certains sujets. Inquiétant pour certains, grisant pour d’autre, il est vrai que cette évolution ne se fera pas sans débat. Toutefois, il s’agit de cas extrêmes, et il y a fort à parier que cela restera marginal. Cependant, il est clair que les individus « normaux » n’en demeureront pas moins dépendants, de tous les services et outils de communication que nous fournit Internet (achats, discussions, rencontres amoureuses…) ou l’on « existe » de plus en plus. Bref, notre existence gérée par des machines ? Asimov, le « Nostradamus » de la robotique, doit commencer à jubiler dans sa tombe….. Voila, je vous invite à faire toutes vos remarques sur ce sujet passionnant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *