Les journaux papier ont-ils un avenir ?

Ok, je vous l’accorde, le titre est un petit peu racoleur. Mais c’est un fait. Les ventes baissent malgré le coté glamour du médium papier par rapport au Web – moi même, totalement addict à Internet, je prends plus de plaisir a feuilleter la version papier du Point, des Echos ou de l’Express (mes ptits chouchous) que d’aller visiter leur site Web. Oui, elles baissent. Bon de là à dire qu’elles s’écroulent, n’exagérons rien, ne sombrons pas dans l’alarmisme primaire comme le font certains.
Mais qu’en est-il de ce business du journal papier payant, qui est véritablement remis en cause de tous cotés par les journaux gratuits (type Metro, 20Minutes, Direct soir,…) ainsi que (et surtout) par l’incursion grandissante d’Internet dans notre quotidien de chasseur d’informations.
Et ne croyons pas que ce changement ne fera que toucher les journaux quotidiens ou hebdo de qualité. Les immondes torchons d’information à scandale vont également en prendre pour leur grade, mais de facon moins importante, car ce sont des journaux que l’on « consomme », toutefois, le succès indéniable des blogs ou sites Web d’info people, va leur tailler des croupières également.

La menace relative des journaux gratuits :
Bon, rappelons que les journaux nationaux de qualité sont basés sur deux mode de rémunération : le prix de vente, et les encarts pub. Ce n’est pas nouveau. Mais les trublions comme Metro ou 20Minutes ont bouleversé la donne. En effet, eux, se financent seulement grace à la pub. Rien de nouveau sur le principe (la tv hertzienne et la radio font ca depuis 30 ans), mais le papier ce n’était pas le cas. Mais pour ma part je pense que cette menace n’est que relative pour nos mastodontes quotidiens. En effet, je suis sûr que vous avez déja feuilleté un 20minutes, vous avez ou bien allez vite comprendre qu’il n’est en aucun cas comparable à un Figaro ou Les Echos. Ce sont tous des quotidiens mais force est de
constater que les gratuits sont quand meme le canderel du quotidien. Je ne retire en rien la qualité des informations relatées dans ces journaux gratuits, mais il est impensable de les mettre sur le meme pieds d’égalité avec nos grand quotidiens nationaux. La différence ? L’analyse bien
sûr. Là ou 20Minutes va traiter la meme information en 30 lignes, Le Figaro va le faire en 2 pages. Donc ? je pense que tout cela n’est qu’une question de cible. En effet, il ne s’agit pas du tout des mêmes lecteurs. L’acheteur de quotidien national recherche de l’analyse, pas des simple faits…En effet, la comparaison est faisable à la radio. France Info (station de très grande qualité au demeurant), ne peut pas traiter l’info de la meme manière en 7 minute comme ils le font qu’Europe 1 qui le fait en 1h30 le matin. Une fois de plus ce n’est pas la même cible.
Par conséquent je ne pense pas que l’individu qui lit vite fait le 20 Minutes dans le métro aurait acheté un Figaro à la place. Voila pourquoi je pense que cette menace est limitée. Toutefois, ils leur font de l’ombre et leur captent des part de marché quand même. Mais pour en finir avec les gratuits, je pense que les mastodontes ont fait une énorme erreur d’apréciation et d’opportunité.
En effet, quand ils ont senti que les gratuits se développaient, pourquoi n’ont-il pas sorti eux aussi une version édulcorée de leur journal ? Ça leur aurait couté très peu car leur rédaction existait déja et il suffisait de condenser les articles, alors que 20minutes nécessite une rédaction dédiée à ce journal. Il auraient vendu leurs espaces pub moins chers grace à cette économie de structure et les annonceurs se seraient naturellement intéressé à la chose. Tout cela avec leur image de sérieux qui leur est associée. Pourquoi ne pas même réorienter vers la version payante pour les gens qui veulent en savoir plus ? Bref, il y avait beaucoup de belles choses à faire la dessus. C’est d’après moi trop tard car le paysage des gratuits est déjà presque trop englué et les gens commencent à saturer. Mais rien n’est figé cependant, il y aura peut être de bonnes idées 😉

La redoutable menace venue du Web:
On vient de voir à l’instant la menace relative des journaux gratuits pour nos quotidiens nationaux. Mais celle du Web est autrement plus grande. En effet, là ou les gratuits papiers nous livrent une information édulcorée, le Web l’est nettement moins. Personnellement, je ne lis aucun journal papier dédiés au monde du numérique ou des TIC, du Web. En effet, je peux lire tellement d’analyses completes sur des blogs
exceptionnels ou des sites d’information spécialisés ou l’analyse est extremement fouillée parfois. Le cas de l’information spécialisée sur ce domaine est un peu à part, mais c’est en train de gagner le monde de l’information généraliste.
Par conséquent, trouver des articles détaillés, de qualité, et gratuitement,est faisable même si cela ne représente pas la part la plus importante, la menace est pour le coup très importante. Bon il est vrai que les mastodontes ont franchi le pas et proposent des versions édulcorées en ligne de leur journaux, le tout sponsorisé par la pub, mais malgré leur succès relatif, il n’en reste pas moins que ce n’est pas
encore très rentable pour eux. Ils proposent également la version numérique intégrale de leur version papier sur abonnement. Mais force est de constater qu’ils se heurtent et se heurteront au principe acquit mainenant par tout le monde du « tout gratuit sur le Net ». Et ce n’est pas Google qui va inverser la tendance. C’est pour cela que le service d’abonnement payant de ces journaux ne marche pas fort. Je reviendrai sur l’ère du tout gratuit dans un autre article. Sujet Ô combien passionant.
Alors quelles solutions ont-ils pour contrer cette invasion numérique ? J’avoue etre assez dubitatif. Je pense que l’avenir ne sera probablement pas aux abonnement numériques payants. En effet, allez combattre un système du tout gratuit qui commence a rentrer dans les moeurs… Se
contenter des versions édulcorées en ligne ? Oui cela sera meme rentable, mais au détriment du papier qui est quand meme le core business de ces entreprises et qui finance l’essentiel des rédactions. Je pense que plus que le média Internet en lui même, c’est cette culture du tout gratuit qui va peut-être les tuer.
Mais au delà du paradigme économique, c’est un paradigme psychologique et de pratique qui va peut-être leur porter le coup de grâce. En effet, la plupart des gens qui lisent sur Internet « consomment » l’information, une multitude d’information parcellaire. Parfois quelques articles d’analyse, mais la plupart du temps, on absorde une aggrégation d’informations. C’est un petit peut normal car il n’est pas forcément facile de rester une heure devant son écran sur le même contenu, mais pas que cela, c’est le mode de « consommation de l’information » qui a changé. Je reviendrai également sur ce sujet à l’avenir.
J’avoue que pour le moment il est assez difficile de se faire une idée claire sur l’avenir des journaux papier. De deux choses l’une, soit nous suivons la loi de l’évolution économique, où un business en remplace un autre – l’on voit cela quotidiennement – (les épiceries au profit des grandes surfaces), c’est une loi « naturelle ». Ou bien il faudra trouver des relais de croissance rapidement pour éviter l’hécatombe. Une chose est certaine, ils existeront je pense toujours, mais sous une autre forme, avec des rédactions moins nombreuses, des supports differents (l’e-paper est peut etre une solution)….

A suivre…

  2Comments

  1. fitzgerald glaude   •  

    donnez moi le nom deux journal papier qui n’est pas sur le net

  2. gregory   •  

    C’est vrai, ils sont tous sur le web, mais celà pose toujours le soucis de la rentabilité. Car les gens sont habitués désormais à consommer gratuitement l’information sur le web….
    Donc, comme je le disais, les journaux sur support papier, vont avoir de plus en plus de mal a survivre, mais leur version Internet ne permettra pas de couvrir les couts d’une rédaction complête car s’appuyer sur le modele tout publicitaire sera compliqué car pas assez rentable en comparaison d’un business model payant.
    Le journalisme se tournera probablement vers des plus petites structures moins couteuses avec des rédactions plus restreintes. Je ne suis pas un spécialiste du journalisme, mais je pense que c’est une des possibilités. Preuve en est, le succès des journaux 100% web.

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