Bienvenue dans l’ère de l’hyper partage – Partie 1

Hyper-partage. Oui je sais, mon cerveau sort parfois des mots un peu alambiqués mais il a le mérite de bien résumer, la mutualisation généralisée via Internet, le partage de la valeur, quelle qu’elle soit. Force est de constater que l’avènement du fameux Web social a fait changer considérablement les pratiques sur la toile. Mais plus que de « simples » évolutions d’ordre purement fonctionnel ou numérique, c’est le concept même de la mutualisation, du partage de façon globale qui peut être remis en cause. Je vais volontairement forcer le trait parfois, mais le but est de comprendre ces évolutions. Cet article est un corolaire sur certains aspects à celui sur l’existence numérique que je vous ai posté il y a quelques temps.

Vie privée & Vie publique :

L’individu, l’entreprise, la valeur ont elles encore un sens individuel ? J’entends par là, centré sur un seul créateur ou une seule personne/entité ? Aujourd’hui, on peut aisément constater que l’utilisateur a pris le pouvoir sur bien des choses. Cet utilisateur est devenu créateur/ partageur. Une fois de plus la loi de Pareto s’applique allègrement aux applications basées sur l’UGC. 80% du contenu est intégré par seulement 20% des utilisateurs (et encore, je suis gentil, certaines lois parlent de 2% des contributeurs créent 98% des contenus). Pour les autres, ils le consomment. Mais une chose est sûre :  » le partage au sens pratique n’est effectivement que l’apanage de quelques bonnes volontés, mais la notion de « partage » plus largement met très certainement tout le monde dans le même panier. En effet, il y a partage de contenu créé (photos, vidéos que l’on a conçu puis uploadé…), mais il y a bien entendu le partage de ses activités, de sa personnalité, passions, recettes de cuisine, emploi du temps et bien d’autres choses (Twitter, Facebook, Blog…).

Tout ce contenu créé, et partagé par l’utilisateur lui appartient juridiquement (ou pas ! , cela dépend des cas), mais empiriquement est-ce vraiment le cas ? Pas sûr. La communauté se l’approprie à vitesse grand V, et le diffuse très largement sur la toile. A-t-on vraiment les moyens de réguler cela ? Pour le moment non. Que ce soit la connaissance, l’information, la création artistique, etc…elle n’appartient plus vraiment à son créateur mais à la communauté.
Cet Hyper Partage a deux significations, Hyper, pour « Internet« , mais aussi pour la sur-représentation de ce partage. En effet, plus le temps passe plus les applications nous poussent à partager a peu près tout et n’importe quoi. Mais évidement la dernière mode est de partager son intimité, son quotidien : ce que l’on fait a l’instant T, ce que l’on mange, ce que l’on écoute (Twitter est souvent utilisé pour cela, mais de moins en moins car il se  mue en une sorte de mini tchat, et bien sur de micro-blogging au sens strict et initial du terme). Facebook semble prendre le relais de cette pratique. Le terme « technique » est le LifeStreaming. Notre vie ne nous appartient plus vraiment en quelque sorte, on la transfère vers la communauté, on la partage.

Ce déshabillage numérique est certainement très révélateur de ce que l’on appelle la génération Y . Cette génération qui vit au travers du numérique, des réseaux sociaux, qui réinvente l’identité numérique personnelle au profit d’une identité collective. Cette génération (dont je fais partie), n’a pas connu les grands bouleversement des années 70 et début 80. Nous sommes une génération post baby-boom. Génération qui ne s’est pas battu pour son identité, pour sa liberté de ton, de moeurs, de consommation, comme l’ont fait la génération de nos parents. Nous sommes rodés à la consommation, et surtout peut être plus naïfs, plus insouciants, car malgré les incertitudes du monde d’aujourd’hui qui pèse sur nos épaules, notre génération semble vivre de façon plus tribale, nous existons au travers du regard des autres. Ceci explique en partie le fait que notre identité est plus facilement soluble dans la communauté. Cette forme d’insouciance qui nous pousse à mettre en avant notre identité sans très bien savoir ce qui va en être fait.

Dans la deuxième partie de cet article qui paraitra dans quelques jours, je ferai le point sur le partage de la valeur d’un point de vue plus économique et sociale.

  1 Comment

  1. Cédric   •  

    Une bonne analyse de l’évolution du Web 2 !
    Vivement la suite.

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