La révolution musicale est en marche

Le monde de la production musicale est un de ces domaines qui fait office de parfait exemple de la « destruction créatrice » si chère à Schumpeter, l’un des plus grands économistes du XX ème siècle. En effet, l’informatique a dématérialisée complètement la musique, et Internet a considérablement accéléré la diffusion de la culture musicale mais n’est pas sans avoir posé de soucis à ces chères maisons de disques et à ces chers artistes sur-payés tuant la création musicale à grand coup de marketing.  Mais il semble que tout cela soit derrière nous, car Internet a désormais imposé un tout autre modèle, tout en faisant gagner de l’argent aux artistes et surtout accroître la richesse musicale de l’Humanité. Et dire que ces aveugles patrons de maisons de disque nous assénaient qu’Internet allait tuer la culture et la musique. C’est à se tordre de rire ! Voilà pourquoi.

  • Un changement de paradigme

Il est loin le temps ou Napster, Kazaa, et consorts, régnaient en maîtres du téléchargement illégal de musique. C’est pourtant ces acteurs gratuits qui ont lancé les grandes manœuvres grâce au fameux format MP3 compressé qui a révolutionné la musique. De la musique gratuite à volonté ? Qui n’en avait pas rêvé. Tout le monde en a profité et continue encore aujourd’hui. Tout le monde ? Sauf les maisons de disque et certains artistes qui vivaient grassement depuis des décennies. Mais voyant ce temps révolu, ces derniers sont rentrés tête baissée dans une bataille perdue d’avance contre la technologie au lieu de l’épouser et en tirer partie. Et c’est là leur plus grande erreur, car il est désormais trop tard. La vague a laissé des traces et désormais, les consommateurs ne sont plus près à mettre autant d’argent dans la musique. Qu’a cela ne tienne ! Les majors ont cru voir le téléchargement légal comme leur planche de salut et se sont rués sur iTunes, etc. Mais les marges ne sont plus ce qu’elles étaient et l’argent ne coule plu à flots dans leur poche. Et cela ne s’arrangera pas pour eux car les plateformes de streaming et de crowd-founding vont les achever.

  • Vous avez dit licence globale ?

Le débat sur le sujet dure depuis des années et la licence globale, faute de technologie et d’engagement des acteurs, est restée un serpent de mer durant longtemps. C’était sans compter sur l’émergence de petits malins comme Spofity ou Deezer qui, avant tout le monde, alors que personne n’y croyait, ont fait plier les majors et réussi le pari fou d’offrir un abonnement mensuel pour de la musique en illimité. Ils ont aussi permis l’arrivée sur le marché de milliers d’artistes inconnus. Le succès sans précédent de ces plateformes a même attiré Apple qui lance cette année sa propre plateforme de musique en streaming. Au final, la licence globale, est en train de s’imposer d’elle même, car elle semble répondre à la principale demande du marché : payer peu, consommer beaucoup.

  • Enrichissement culturel, appauvrissement des majors

Pour comprendre ce qui nous attend, il faut prendre en compte quelques postulats. Ce qui coûtait cher aux artistes et producteurs depuis longtemps, c’était le marketing, car les grands médias sont chers, et se les payer demande des reins solides. Aujourd’hui, produire un album ne coûte quasiment plus rien. Il est possible maintenant de faire cela presque chez soi ou chez des petits studios indépendants qui, à l’aide des nouvelles technologies ont cassé les prix. On peut évoquer également les plateformes online de crowd-founding, comme MyMajorCompany, qui permet aux futurs acheteurs de produire eux même un artiste qu’il aiment.
Mais le coup de grâce vient des plateformes de streaming qui sont devenu un levier incroyablement puissant pour faire découvrir de nouveaux artistes sans aucune dépense marketing. Quant aux consommateurs, ils ont désormais accès à une richesse musicale sans précédent dans l’Histoire, en temps réel, pour le prix d’un seul album pendant un mois.

  • And so, what ?

Vous l’avez compris, cet alignement de planètes sonne le glas de la musique telle qu’on la considérait avant. Aujourd’hui, produire, et consommer de la musique ne coûte plus rien, et même si le modèle de la licence globale a considérablement réduit les marges des artistes et des majors, elle a permis l’émergence de milliers d’artistes inconnus, auto produits et qui seraient restés dans l’anonymat faute de producteurs il y a encore quelques années. Cette incroyable richesse culturelle n’a été possible que par l’évolution technologique qui nous a sorti des griffes de ces grandes compagnies qui avaient réussi à quasiment tuer l’une des cultures les plus séculaires de l’Humanité. Là encore, Internet a réussi, comme il l’a fait avec Wikipedia, à mettre la culture à la portée de tous, quasi gratuitement. Alors c’est vrai, désormais, la musique ne sera plus jamais aussi rémunératrice qu’avant, mais honnêtement la plupart des petits artistes qui créent dans leur salon, courent plus après la notoriété que leur apporte Internet, qu’après les dollars.
Quant aux musiciens professionnels, ils sont juste revenus à ce qu’ils étaient depuis des siècles : des artistes de scène. Preuve en est, les salles de concerts n’ont jamais été aussi nombreuses et les billets jamais autant vendus. Il s’agit juste d’une autre structure du marché, qui nous a enfin éloigné de l’appauvrissement culturel dans lequel nous avait enterrés ces néfastes maisons de disque, témoins d’un autre temps…

 

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