Panorama sur l’existence numérique – Partie 2

Deuxième partie de mon panorama sur l’existence numérique.

  • Les mondes virtuels persistants : révélateurs de l’existence numérique

Les mondes virtuels persistants, sont en bon nombre de points, des exemples pertinents de la manifestation de l’existence numérique. Second Life, porte très justement son nom. Cette plateforme repose sur une seconde existence, basée sur un monde virtuel créé de toute pièce par les concepteurs. Toutefois, ces mêmes concepteurs ont eu l’intelligence de ne créer que les fondements de ce monde alternatif, laissant libre court aux habitants de façonner la couche supérieure. En effet, chaque utilisateur, munit de son avatar créé à son image, ou pas, se voit allouer une parcelle où il peut construire son habitation ou autre. Un système économique reposant sur une monnaie virtuelle, le Linden Dollar, crée un véritable marché ou l’on retrouve une partie des services existants dans la vie réelle. Il est toutefois possible, et c’est là probablement, que réside l’une des problématiques de ces mondes virtuels, de convertir de l’argent réel en argent virtuel. De ce fait, certaines personnes (très rares encore aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, se voient faire beaucoup d’argent grâce aux services proposés sur Second Life. Le meilleur exemple est sans doute, l’histoire de cette jeune chinoise devenue la star de l’immobilier virtuel sur cette plateforme, en proposant d’acheter des maisons toutes faites et d’une esthétique certaine, afin d’éviter aux utilisateurs de concevoir leur maison grâce au logiciel de création 3D fournit à l’inscription. L’on peut citer l’exemple de ces créateurs de mode concevant des habits à se procurer pour embellir son avatar. Pas étonnant que les marques, bien réelles celles-ci, comme Dior, se soient mises à lancer leur collection en avant première sur Second Life. On y retrouve donc, beaucoup des ingrédients de la vie réelle. Toutefois, il faut tempérer les choses. L’utilisateur comme je le soulignais plus haut, conçoit de A à Z son existence numérique avec tout ce que cela peut comporter comme attitudes, personnalités. En effet, la ou l’on à pas toujours la maîtrise de ce que l’on est et ce qui nous arrive, dans la vie numérique, il est possible de construire un individu correspondant à ses fantasmes, reposant sur nos frustrations quotidiennes. Il est plus facile de concevoir un avatar séduisant et sûr de lui, lorsqu’on peut lui façonner son physique et quand on échange des dires derrière un écran. La vie réelle est bien plus complexe et moins manichéenne.
Tempérons également les ardeurs à propos de Second Life. Il faut bien reconnaître, que le résultat est encore assez incertain, le moteur 3D est gourmand et approximatif. De ce fait, la réputation de SL, tent à s’éroder. S’agit-il d’une bulle ? Difficile à dire, mais force est de constater que succès pérenne ou pas, SL est (aura été) une plateforme innovante ouvrant le chemin de ces mondes numériques ou tout semble possible. Quant à l’exploitation commerciale, il est fort possible que l’on doive attendre encore quelques années avant que l’on puisse vraiment aller loin sur ces aspects. Pour ma part, je n’ai jamais véritablement cru en second life. Quand tout le monde criait au génie l’année dernière j’en avais appelé a la vigilance et l’on m’a souvent pris pour un grincheux….Je dois bien avouer qu’aujourd’hui, à la lueur des résultats de Second Life et du buzz qui s’est véritablement effondré, je n’avais pas tout a fait tort.

  • La notion d’Hyper-partage

Cette mot valise que j’avais conçu pour un article que je vais vous publier bientôt, met en valeur l’importance du partage au sens large au sein d’Internet. Cet article était plus orienté vers le partage de la valeur économique, que pour le reste. Il en est autrement ici où nous allons plus nous intéresser au partage de sa vie numérique.
Jours après jours, de nouveaux services nous proposent de partager nos avis, nos actions en temps réel, ce que l’on mange, ce que l’on boit, ou l’on va sortir ce soir et j’en passe. Force est de constater que nous avons désormais toute la batterie nécessaire pour effectuer un déshabillage numérique quasiment intégral. Allons nous glisser vers du voyeurisme numérique. Sincèrement je ne pense pas. Les services proposés sont souvent inutiles et ne dureront à mon avis pas longtemps. Twitter a été le premier a lancer cette mode du « What I’m doing now? » (ou plus généralement appelés services de LifeStreaming), mais de façon généraliste. Bien que n’étant pas du tout client de ce service pour le moment, je suis convaincu qu’il y réside une vraie utilité si l’on en éprouve le besoin. Preuve en est les commentaires relayés par les spectateurs d’une conférence, souvent suivis sur les différents Twits, à destination des gens sur la toile ne pouvant pas s’y rendre. Après pour ce qui est de dire ce que l’on est en train de manger en ce moment sur ce service, je ne vois pas trop l’intérêt….
Mais ce service n’est pas le seul, Facebook en un sens regroupe bien plus de données personnelles sur ce que l’on aime, qui l’on connait, d’ou l’on vient, bref une présentation quasi exhaustive de qui l’on est….Une partie de notre vie privée devenue publique ….J’y vois personnellement une évolution tout à fait radicale, et pas forcément au niveau de l’exploitation commerciale de cette plateforme qui peut être parfois border line, mais plus dans le principe. Il est vrai que Facebook a fait de gros efforts sur la préservation de la vie privée et il faut leur rendre cela, mais la sécurité des données laisse encore a désirer. Mais plus que cela, c’est la démonstration de l’évolution de la perception qu’à la jeune génération de l’identité. La ou pendant des années l’identité était considérée comme une donnée à préserver, aujourd’hui, l’on partage aux 4 vents qui l’on est, quels sont nos amis, ce que l’on aime. L’on noie notre identité individuelle dans une identité collective. Nous agissons de plus en plus de façon communautaire. C’est tout à fait fascinant de voir les jeunes adolescents, totalement immergés dans cette socialisation tribale, publique et ne guère se soucier de l’utilisation de ces données personnelles par d’autres membres de la communauté. En effet, une fois sur la toile, qui sait vraiment comment vont être utilisées nos données et par qui. Je reviendrai plus particulièrement sur Facebook dans un futur article. Car il y en a beaucoup à dire, et j’ai désormais une opinion assez claire sur le sujet pour l’avoir maintenant testé…
Ce partage de notre vie est véritablement une rupture dans l’évolution de l’existence numérique, elle rapproche tout en rendant de plus en plus opaque la frontière entre vie organique et vie numérique. Elles se confondent de plus en plus car ces réseaux sociaux sont pour la plupart nominatifs. C’est justement le fondement même de l’application « Retrouvez vos amis » ce qui n’est pas forcément évident lorsque l’on utilise un pseudo….

A suivre…

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