Le paradoxe concurrentiel des TIC – Partie 2

Suite de mon article sur le paradoxe concurrentiel du Web.
Rentrons maintenant dans le vive du sujet.
  • Paradoxe ?
Combler un besoin ou mieux, trouver uen idée révolutionnaire, n’est pas toujours si facile….Une concurrence saine permet de faire emmerger ces idées, des services…Mais Internet a pris l’habitude de développer un paradoxe tout à fait singulier. En effet, la course à l’innovation a vu naitre des véritables révolutions technologiques et d’usages…
Mais distinguons un peut les forces en présence. On peut observer :
– Les services innovants lancés les premiers, qui comblent un besoin patenté, ou créent un besoin nouveau et deviennent rapidement des poids lourds incontournables (ex : Youtube, Google, Msn messenger…) où l’innovation est le cœur du développement.
– Les pâles copies de ces services lancés par des autres poids lourds, ou des opportunistes (les copies de facebook, ou MySpace mais qui n’apportent rien de plus que les deux leaders)
– Les petites pépites sorties de nul part mais qui peinent a trouver leur public…(ex : splashup…)
– Les mastodontes qui stagnent avec leurs produits ou services qui commencent à dater….(ex : Internet Explorer)
On pourrait en trouver d’autres, mais ces typologies représentent l’essentiel du paysage et permettent de cerner plus ou moins la problématique. En effet, le Web a tendance parfois à se marcher sur la tête et vivre dans le paradoxe.
Car cohabitent plus qu’ailleurs des poids lourds (voire même TRES lourds), et des micros startups qui font une course effrénée à la création. Cohabitent des services ultra innovants et des pâles copies à la chaine. Par exemple, les réseaux sociaux où la frénésie entraine l’effet inverse de ce qu’il serait bon de constater. C’est à dire, une course à l’imitation.
En effet, la facilité avec laquelle on peut actuellement mettre ne place un service Web à moindre cout engendre fatalement cette réaction. Ce paradoxe entre innovation et imitation est aussi présent dans la réalité me diriez vous, mais de façon beaucoup moins marqué, du fait des coûts d’entrées et de la flexibilité moindre des autres canaux.
Mais ce paradoxe engendre ce que j’expliquais plus haut, c’est à dire une schizophrénie…Car cette multiplicité est salvatrice pour l’innovation mais également, de nombreuses complications alors qu’un simple olygopole simplifie parfois les choses…
Je vous vois déja me dire, mais il rabâche des vérités qui sont aussi valables dans la réalité ? Ce à quoi je réponds, « pas sûr du tout »…
  • La typicité du Web
Ces problématiques concurrentielles sont repérables également dans des médias ou canaux plus traditionnels. Toutefois de facon nettement moins marquée et moins pertinente.
L’intérêt de l’oligopole est bien moins valable dans les autre canaux car les points d’accès sont plus larges. Mais c’est surtout qu’on ne peut pas comparer les TIC avec un autre domaine où la logique de compatibilité technique est moins marquée. Car il ne faut pas oublier que les TIC sont souvent des techniques, outils très poussés mis au service du grand public. Je le vois souvent quand je regarde des gens découvrir l’informatique. Les impératifs de compatibilité, les points d’accès aux services quasiment uniques avec les moteurs de recherche tous puissants.
Mais surtout, plus qu’ailleurs, l’extrême multiplicité des acteurs et la problématique d’imitation est bien différente dans la réalité. En effet, un coiffeur est un coiffeur il fait comme le concurrent. Jusque là, pas de différence. Mais il y en existe à chaque rue de chaque grande ville. C’est pratique. Mais sur le Web, tous les acteurs sur sur la MEME AVENUE ! Celle de Google. Cela change la vision des choses et de la concurrence. En effet, l’accès est quasiment unique. Bien entendu on peut objecter que le fait d’avoir accès à tout au même endroit permet de comparer, de changer plus facilement…C’est certain….Mais quand on sait que les gens s’arrêtent à la première page de résultat de Google ? Est ce vraiment plus facile quand dans la réalité ? Pas sur….
D’ou l’interet d’éviter certains monopoles sur le Web comme ailleurs, tout en ne soyant pas si réticent à l’emmergent d’oligopole avec quelques entreprises puissantes qui se battent pour l’innovation avec les moyens qui sont les leurs.
Pour conclure ce survol de la problématique, car on pourrait l’évoquer bien plus en détails, on peut dire qu’il faut raison garder…(comme d’habitude 😉 …) et trouver le juste millieu. Il faut continuer à agiter le drapeau de la création de valeur par l’innovation et le développement de petites structures tout en contrôlant l’émergence de monopoles, mais je pense que la concentration des acteurs est également salvatrices sous certains aspects plus particulièrement dans les TIC. Il faut bien entendu garder à l’œil les trop grosses concentrations (la fusion de Google et DoubleClick n’est pas sans poser certaines questions…), l’éventuelle fusion de Yahoo et Microsoft aussi, le développement et la croissance externe de SAP également, et j’en passe….Je rappelle que je ne milite pas du tout pour une concentration totale, mais je pense que l’émergence d’oligopoles sur Internet est moins dangereuse dans les TIC qu’ailleurs, et qu’inversement, l’ultra concurrence n’est pas forcément plus intéressante dans les TIC qu’ailleurs.
Cet analyse est bien entendu discutable, j’ai essayé d’etre tout en nuance car elle est assez complexe, et n’a certainement aucune réponse tranchées. Moi même, j’apporte cette reflexion mais en conteste une partie. Mais je trouve cette problématique économique interessante.
Internet est encore jeune et doit comme dans les domaines plus traditionnels trouver son juste millieu entre proximité, flexibilité et concentration, car dans les deux cas, avoir des petites structures, applications, services, tout comme de gros outils et gros services puissants, c’est bien utile…

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