Bienvenue dans l’ère de l’hyper-partage – Partie 2

Après avoir exposé de facon plus attitudinale cet hyper-partage,  voyons maintenant comment cet hyper partage se manifeste d’un point de vue plus économique.

Le partage de la valeur :

Mais l’on peut pousser cet Hyper Partage plus loin. En effet, on peut caler ce nouveau modèle sur le partage de la valeur économique. Les entreprises générant de la valeur sur une communauté d’utilisateurs, comme Youtube ou Facebook, valorisées des milliards ont elle vraiment la valeur intrinsèque qui est mise en avant ? On peut tout a fait envisager leur valeur comme en quelque sorte « partagée » via les utilisateurs et plus particulièrement les contributeurs. Ah, vous allez me dire qu’il en est de même pour des business plus traditionnels. En effet, une entreprise qui vend des biens comme des automobiles par exemple, ne vaudrait factuellement, plus grand chose sans ses clients c’est évident. Une entreprise digne de ce nom lance des produits lorsqu’il y a un besoin client et essaie d’y répondre et très rarement l’inverse.

Mais ce paradigme est-il le même pour les entreprises basées sur l’UGC (User Generated Content) ? Pas si sûr. Comme je le disais plus haut, on distingue deux types d’utilisateurs, très inégalement répartis, les consommateurs de contenu (80% à 98% de la pop.) qui consultent les contenus sans en produire, et les producteurs de contenu (20 à 2%) restant qui en plus, génèrent du contenu. Ce paramètre différencie bien ce business d’un business traditionnel comme les autos par exemple. En effet, Renault est le seul a fabriquer ses autos et non une partie de la population cliente. Ce n’est pas les clients qui peuplent les usines pour concevoir les véhicules. Par conséquent, la valorisation des sociétés comme Youtube est en fait elle même partagée en quelque sorte avec une partie de ses utilisateurs…..On peut soulever bien entendu que ces services, bien qu’étant l’emmergence d’une communauté, sont basés sur un besoin (comme je le disais pour les automobiles), mais ce besoin est essentiellement un besoin de consommation passive de contenu, pour l’immense majorité des visiteurs. Seuls la petite minorité de contributeurs ressentent ce besoin de partage et d’avoir l’outils qui va avec….

Mais là où pour ma part, la valeur est d’autant plus partagée, c’est que le contenu accessible n’est pas payant. La rémunération est faite par un acteur tiers, d’où ma reflexion sur ce partage de la valeur entre les créateurs de la plateforme, et ceux qui la font vivre…..D’autant qu’il ne faut pas oublier que cette audience est très souvent volatile car très receptive aux buzz…Il y a je pense un défi à l’avenir qui est de savoir ce que l’on fait de ces contributeurs ? Il est clair que la rémunération est une piste…Mais il y en a certainement d’autres auxquelles il nous faudra trouver les fondements. Youtube commence à mettre en place un système de rémunération des producteurs de contenu.
Ce paradigme n’est toutefois pas applicable à tous les business basés sur l’UGC. Il est clair que des applications comme Viadeo peuvent clairement répondre à un besoin, d’ailleurs l’accès premium à Viadeo est payant, voire Facebook si vous voulez retrouver vos amis ou garder un contact régulier, échanger des contenus, mais l’on s’appercoit une fois de plus que même sur Facebook, une relative minorité fait VRAIMENT vivre le site…Pour ma part, j’ai un profil comme beaucoup de gens, mais j’ai encore du mal à en trouver l’utilité. Par conséquent, je ne fais pas vivre mon profil et ne visite guère les profils de mes contacts.  Et quand je me connecte, je me rends bien compte de cette inégale répartition. 80% des posts que je vois sur ma timeline sont issus de 3 ou 4 contacts.

La valorisation d’un site « social » repose essentiellement sur le nombre d’utilisateurs et son trafic. Les investisseurs mettent de l’argent dans une base utilisateurs, une audience. Mais prenons l’exemple de Twitter. L’immense majorité des utilisateurs ne se connectent même pas et ne postent meme pas plus d’un tweet par moi et encore. Alors peut-on « vendre » autant de millions d’utilisateurs alors que l’essence même du site, l’audience active exposée aux messages publicitaires n’est que de que de 20% de la somme totale d’utilisateurs ?

Cet Hyper-partage, touche donc a mon sens un pan entier de l’économie numérique, de la vie des utilisateurs, du contenu intellectuel. Il se manifeste de différentes façon mais au final, il est de plus en plus difficile de dire à qui appartient tel ou tel contenu, intimité, ou valeur pécunière.

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